Jean-Pierre Schumacher nous partage comment le "Ribat-El-Salam" a commencé :

Ribat El Salam

« Quand Christian est revenu, il a organisé une réunion qui s’organisait deux fois par an, tous les 6 mois. Il existait déjà une association entre chrétiens à Alger qui avait pour but d’étudier la psychologie religieuse musulmane, la prière musulmane, et progresser dans la connaissance. Ils se rencontraient deux fois par an. Et là ils ont invité des musulmans à venir, les soufis.

Alors après le repas de midi, en début d’après-midi, ils venaient. La première chose qu’ils nous ont demandé, c’est qu’on ne parle pas de dogme. Parce que le dogme divise. Le dogme est nécessaire dans la religion. Le dogme chrétien par exemple, avec la Trinité, la divinité de Jésus, tout cela. C’est indispensable. Eux ont leur dogme aussi. Mais, on ne parlera pas de dogme, parce qu’un dogme divise. Si on se met chacun à discuter de notre dogme, la discussion est finie. Mais on priera ensemble. Mais pas comme à Assises en 1986. Chacun priait à sa manière, les autres écoutaient avec respect.

Mais on priera ensemble, mais en silence.

En silence, chacun est en présence de Dieu, mais il n’y a pas de partage dogmatique.

Si on partage, on partagera sur le chemin par lequel nous allons à Dieu.

Chacun, vous par exemple, comment vous allez par votre silence au Christ, chacun par votre foi. Et nous, comment on cherche à faire plaisir à Dieu aussi, mais à notre manière. (…) C’est en voyage très en profondeur. Ce sont des ouvertures de cœur, sans le chercher. Ça va très loin, très très loin. C’est la relation entre croyants.

Si bien qu’un jour, l’animateur spirituel nous a posé la question :

« Si on continue comme ça, où est-ce que ça va nous mener ? »

On n’a pas répondu, la question restait à l’intime de chacun.

Ça va très loin dans la relation. Ça dépasse tout. »