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En cette journée de la Femme, je voudrais écrire et rendre hommage aux femmes que je porte dans mon cœur, ici ou Là-Bas...

Elles sont si nombreuses, si différentes, si riches…

Le texte est long car plus je vous écrivais, plus je vous retrouvais, dans ce que vous êtes d’extraordinaire.

Exceptées ma maman et mes grands-mères, j’ai choisi de retirer vos prénoms, par souci de confidentialité, mais peut-être vous reconnaîtrez vous, dans l’une ou l’autre de ces descriptions.

Toutes ces femmes dans ma vie.

J’aimerais rendre hommage à chacune d’entre elles. Elles me montrent la puissance et l’incroyable force tranquille, qui fait ce que nous sommes, Femmes.

Ces femmes m’ont appris qu’il n’est pas facile d’être soi, mais que de devenir « soi » est un chemin exceptionnel. Elles m’ont appris que je pouvais être moi, tout simplement, sans artifice ni jugement, et que j’avais le droit d’être fragile, sensible, et de me laisser rêver. Elles m’ont appris que la bienveillance que je pouvais m’apporter et que je pouvais donner aux autres, pouvaient apaiser et ouvrir les cœurs ; que des situations les plus écrasantes pouvaient naître de la douceur. Elles m’ont aussi montré que des fragilités, des colères, des injustices, pouvaient naître un potentiel incroyable, une force incommensurable, pour déplacer les montagnes, si l’on croit en cette force qui se cache au plus profond de nous. Elles m’ont enrichie dans leur façon de voir la vie, de se battre, d’écouter, d’échanger, de méditer, de prier, de pleurer et de rire… Je leur rends hommage aujourd’hui et leur dit mon plus grand MERCI.

 

Mes grands-mères

Je voudrais commencer par mes grands-mères : l’une de la plaine, l’autre de la montagne. Toutes deux originaires du Jura. Pendant la guerre, l’une était en zone libre, l’autre en zone occupée, proche de la ligne de démarcation. Toutes deux ont su faire naître leur force intérieure et leur audace, dans ce conflit qui voulait les faire taire. L’une pour échapper aux allemands en passant illégalement la ligne, l’autre leur faisant face pour qu’on ne réquisitionne pas leur cheval, qui était le pilier de leur travail, dans les champs. Labeur éprouvant et épuisant qu’elles menaient entre femmes réunies de la famille, loin des hommes, s’écroulant un à un sur les champs de bataille. Dans leurs souffrances et dans leurs deuils, elles se sont unies pour se battre, pour donner du sens à leur vie, garder leur dignité, unir tout leur courage et leurs forces, pour vivre et avancer. De manière discrète ou avec caractère, elles ont su rester debout et dépasser ces années dramatiques. Puis elles ont fondées leur foyer. Fragiles dans leur santé ou leur sensibilité, elles ont transmis valeurs, humilité et respect. Leur dévouement, leur simplicité, leurs sourires et leurs rires restent gravés en ma mémoire. Elles me donnent aujourd’hui de là où elles sont, de cette force, qui étaient leur.

Il y a aussi ma « mamie brésilienne », ma grand-mère de cœur adoptée depuis ma tendre enfance ! Je ne me doutais pas qui j’adoptais à ce moment-là ! Femme de caractère, d’ambition, précurseur dans la lutte pour développer des actions sociales et se battre pour le droit des enfants au Brésil, elle a donné son cœur, son âme pour accompagner les jeunes et enfants des rues, dénoncer, protéger, innover, afin d’aller vers plus de justice et de paix.

 

Ma maman

Celle qui m’a mise au monde, dernière enfant d’une tribu de 5 ! Nombreux engagements, une vie très active, tellement dense ! Parfois éprouvante. Et de ces combats, cette joie, cette force incroyable qui jaillit d’elle de jour en jour ! Une maman, femme avant tout, qui ose se regarder en face et faire son ménage de printemps intérieur, à plus de 60 ans passés ! Quel amour, quelle légèreté et quelle puissance s’en dégage ! Toujours et encore, présente, soutenante, rassurante, à mes côtés, même à plus de 30 années passées. Notre complicité ne cesse de s’accroître après tout ce que nous avons pu partager et traverser !

 

Mes sœurs, belle-soeur et amies

Elles ont su ériger la femme qui étaient en elles, et la faire s’épanouir, chacune à leur manière. Douces, réfléchies, dévouées, engagées, dans l’ombre ou sur la scène, pour vivre en accord avec ce qu’elles sont, ce qui les anime, leurs valeurs. Recherche d’un équilibre permanent, attentives, altruistes, elles sont pour moi aujourd’hui un modèle.

Mes amies, pleine de fougue, d’énergie, de folie, d’authenticité, d’écoute, de sensibilité, avec qui je peux partager mes rires et mes larmes, être qui je suis, montrer mes limites et mes fragilités, déposer mes désespoirs, pousser mes coups de gueule, et regonfler mon énergie, pour mieux continuer. Ces femmes qui se cherchent, se reconnaissent, qui osent, s’exposent, s’accomplissent, dans leur travail, la danse et la biodança, le chant, le massage, la sophrologie ou le yoga du rire. Elles créent, elles cherchent, sont battantes comme des guerrières, avec la douceur de l’éclosion d‘une fleur.

Celles que je vois moins parce qu’elles sont loin ou parce que les années nous ont éloignées, mais qui m’ont touchées et que je porte toujours dans mon cœur,

 

Ces femmes, proches ou rencontres de passage, à travers le monde.

Au long de la vie 

Celles qui ont porté et parfois perdu dans leurs entrailles, la vie. Epreuves, bonheur, deuil, accomplissement, que de sentiments extrêmes et quels bouleversements ;

Celles qui aident à mettre les enfants au monde, qui réconfortent, rassurent et gèrent les situations d’urgence ;

Celles qui prennent soin de leurs proches ou de leurs patients, malades, et qui apportent chaque jour, inlassablement, patience, humanité et rires pour atténuer un peu l’épuisement et les douleurs ;

Celles qui agissent dans la discrétion et la bonne humeur auprès des personnes invalides à domicile, qui permettent à ces derniers de ne pas faire de leurs fragilités, leurs maladie, leur handicap une limite, mais de les dépasser pour s’exprimer, dire ce qu’elles ont à dire, faire ce qu’elles ont à faire, et avancer ;

Celles qui ont su mettre en lien enfants et personnes âgées pour qu’ils puissent mieux se rencontrer, s’apporter, à travers des jeux, du théâtre, des chansons, mettre à jour leurs trésors cachés et créer entre eux un lien indestructible ;

Celles qui aident à partir pour le grand voyage.

 

Education 

Celles avec leur énergie débordante, qui m’inspirent dans la relation qu’elles ont créée avec les enfants, et la pédagogie qu’elles ont utilisée en tant qu’institutrices auprès de leurs élèves : par leur créativité et leur bienveillance, elles ont su les toucher et les sensibiliser pour leur ouvrir les yeux sur eux-mêmes et sur le monde ;

Celles qui proposent l’école au sein même des quartiers, des communautés, des endroits reculés, avec leur véhicule, leur roulotte ou dans une salle aménagée ;

Celles qui m’ont permis depuis enfant de découvrir l’amitié au-delà des frontières, en me mettant en lien avec des enfants, adolescents, à travers le monde ;

Celles qui ont reçu les graines de la non-violence dans leur adolescence et qui militent maintenant, pour transmettre ces valeurs, développer le vivre-ensemble et la coopération dans les écoles ;

Celles qui osent proposer des solutions nouvelles pour favoriser l’apprentissage de la communication et de la médiation dans les écoles, les collèges ou les lycées, et qui constatent ensuite émerveillées les fruits que cela peut porter ;

Celles qui m’apportent jusqu’à maintenant un savoir et une culture inouïs, prêtes à me faire découvrir de nouveaux horizons, et à m’apprendre humblement toujours davantage.

 

Prendre soin 

Celles qui m’ont accueillie comme une sœur quand je les ai rencontrées ;

Celles qui ont toujours su prendre soin de nous pour que nous nous sentions bien, dans leurs foyers, en France, à l’étranger, ou dans les campements, ;

Celles qui prennent soin de leurs hôtes et malgré la barrière de la langue, sont comme des mamans inquiètes et attentives à notre égard ;

Celles qui ont le souci que tout se fasse dans la joie de vivre, auprès de la cheminée, des fourneaux ou au coin du feu, bercés par les douces odeurs de leurs plats exquis ;

Ces femmes avec ces sourires, cette paix et cette joie de vivre sur leurs visages et dans leurs cœurs ;

Ces femmes « Fabuleuses », comme les appelle Hélène Bonhome, qui concilient sans cesse vie familiale, professionnelle, engagement divers et hospitalité ;

Ces femmes rencontrées au hasard des covoiturages ou sur les chemins, qui, même loin portent leurs proches dans leur cœur. Elles luttent parfois avec toutes leurs préoccupations empruntes d’amour pour se situer au plus juste à leurs côtés, être là, toujours, pour les accompagner et les aimer ;

Celles qui travaillent pieds nus dans les rizières ou au bord des rivières, pour prendre soin des récoltes, et laver à la main tout le linge de leur maisonnée ;

Ces femmes qui dans les champs, au Maroc ou ailleurs, se plient en quatre sous le soleil croulant et ramènent sur leur dos la moisson, pour faire vivre leurs familles ;

Celles qui en Afrique notamment, gardent une Force tranquille pour vivre de la pêche, et rire, malgré ces gros paquebots autorisés à leur retirer tout de la richesse de leurs eaux, ce « tout » qui leur restait pour vivre ;

Ces femmes du marché, au Cameroun, qui se cotisent une fois par semaine pour partager de leurs apports à l’une de leurs amies, pour l’aider à se développer.

 

Accompagnement 

Celles qui donnent toute leur énergie pour accompagner ces jeunes déstabilisés par leurs conditions sociales ou familiales, les aider, à se reconstruire et créer leur avenir. Malgré la charge de travail administratif, psychologique, et le peu de reconnaissance professionnelle, elles sont là, fidèles ;

Celles qui accueillent les enfants des rues et les aident à grandir, celles qui aident ces jeunes à sortir des trafics de drogues, de la prostitution ;

Celles qui se battent pour faire de ces quartiers des lieux de vie et d’apprentissage de la citoyenneté ;

Il y a aussi ces jeunes, adolescentes et femmes en devenir, accompagnées dans la lutte qu’elles ont menées, pour renaître de leurs blessures, grandir, s’affirmer et découvrir leur potentiel pour s’épanouir, parce qu’elles ont laissé pousser leurs ailes ;

Handicap, addiction, incarcération, protection de l’enfance, ces femmes qui se sont battues pour qu’on ne les enferme pas dans une étiquette, mais pour qu’on les regarde pour ce qu’elles sont ;

Celles qui quand les mots sont bloqués les laissent soudain éclater par la musique, l’écriture ou par l’art, afin de dévoiler ce qu’elles cachaient au plus profond de leurs cœurs.

 

Engagements 

En France, au Brésil, en Algérie, aux Philippines, jeunes d’une vingtaine d’années ou à plus de quatre-vingts ans passés, femmes de passion et de caractère, toujours avec humilité, détermination et audace, elles s’engagent, assument des postes à responsabilités, concilient leur vie familiale et professionnelle, pour mener des luttes et déplacer des montagnes ;

Elles font un travail de militantes incroyables, avec ATD Quart Monde, le CCFD, les Cercles de silence, Amnesty, l’Unesco ou les Amis de Gaby Maire, tous ces mouvements à travers le monde ;

Elles militent, à travers l’art et la cinématographie, pour sensibiliser le grand public sur la violence faite aux femmes, l’environnement, pour que la justice progresse partout dans le monde, être plus fortes que la corruption et l’impunité banalisées dans tant de pays et de procès ;

Elles proposent des pistes de travail, donnent de leur merveilleuse et apaisante énergie pour nous sensibiliser à de nouvelles approches : Communication Non Violente, Cercles Restauratifs, apprendre à se connaître, à communiquer et se mobiliser ;

Elles nous rappellent la mémoire de grandes figures qui ont donné leur vie, pour que les droits de chacun évoluent et soient reconnus, elles nous rappellent les grandes luttes du passé, pour que nous soyons assez fous pour continuer le combat, tout en apprenant à être sages en regardant l’Histoire.

Elles agissent, et n’attendent pas que les choses bougent pour se lancer, proposer, commencer, créer, cafés philo, engagement auprès des migrants, propositions de rencontres avec des jeunes ou des enfants, organiser des réflexions, …

En Inde, en Afrique, à Haïti, au Brésil, en Algérie et ailleurs, ces femmes qui se battent pour que leur pays se développent et cassent leurs principes et préjugés, entre castes, entre genres, entre religions. Ces pays qui les écrasent parfois, où la loi n’existe pas ou ferme les yeux sur toutes les violences qu’elles subissent, physiques, morales, harcèlement, humiliation, violations de leur intégrité et de leur dignité… Elles vont pourtant de l’avant... Elles traversent parfois leur pays pour accompagner des jeunes à se sensibiliser, à ouvrir leur esprit sur le respect, la justice et la paix.

Au Brésil ou aux Philippines, Indiennes d’Amérique, ou Indiennes d’Inde, elles défendent de manière fervente le droit des enfants et des adolescents, les droits de leurs terres, de leurs pays, de leur culture,

Certaines sont tombées, ont vécu des expériences bouleversantes, qui ont tentées de les écraser, mais avec quelle énergie je ne sais, elles se sont relevées et ont continué,

Celles qui ont perdu un proche, un enfant, dans un de ces attentats, et qui s’unissent ensemble, se battent pour sensibiliser les jeunes, les adultes, pour parler de religions, faire tomber les amalgames, favoriser la rencontre, découvrir que l’autre est comme moi, humain,

Celles qui, devant le mur surplombant leurs maisons, restent des femmes non intimidables, militantes comme ce n’est pas imaginable. Elles se battent de manière pacifique pour garder leur terre ou leur demeure, dans l’espoir de jours meilleurs,

 

Spiritualité et Confiance 

Ces femmes humbles, vraies, avec un cœur en or, qui voient davantage la richesse dans le cœur des autres que dans le leur.

Il y a celles qui écoutent ce que la vie leur donne de faire et l’accomplissent avec douceur, et paix intérieure. Elles ont toujours une oreille attentive pour m’aider à retrouver dans les moments de tumulte, La Confiance, au beau message de la vie.

Ces femmes, forces tranquilles, qui paisiblement réfléchissent, rassemblent, proposent des solutions. Que l’on soit juive, musulmane, bouddhiste, chrétienne ou animiste, elles croient en notre socle commun, d’êtres-humains, qui nous unit et nous rassemble, malgré nos différences ;

Ces femmes, qui partout dans le monde, en secret, prient pour la Paix et l’Unité, quels que soient notre origine, notre histoire, notre religion, quels que soit leurs origines, leurs histoires, leurs religions ;

Ces femmes qui sont là pour mettre en lumière, réparer, libérer nos vieilles mémoires, afin d’être plus fort de notre passé, laisser surgir notre source de vie, pour être plus légères tout en étant davantage ancrées, et poursuivre notre Chemin de Femme, Chemin de Vie.

Ces femmes que je ne connais pas mais qui donnent d’elles-mêmes, là où elles sont, qui font tout pour devenir ce qu’elles sont.

Toutes ces femmes m’ont formée, m’ont donné des témoignages incroyables. Elles m’ont montré la force que l’on pouvait avoir en nous, la ressource inépuisable qui nous anime, pour s’ériger intérieurement et dans nos sociétés, et participer à construire, aussi grâce à nous, Femmes, notre Humanité.

 

Rachel

Le 08/03/2018

 

Je relis ce texte que j’ai écrit il y a deux ans. Et je suis si émue. En le lisant, je rajoute les visages de toutes celles que j’ai rencontrées durant ces deux années passées, notamment pendant mon tour du monde. Dans les Balkans, au Moyen-Orient, en Afrique, à la Réunion, en Asie, au Brésil…

Jeunes ou femmes mûres, quelques soient leur origine, leur religion, toutes avec cette même force dans le cœur, dans le ventre, dans leurs êtres !

Au sein des conflits, parfois au risque de leurs vies ; engagées dans la reconstruction, s’engageant ou supportant la démarche incroyable de pardon ; femmes donnant toute leur âme pour la prévention des conflits et agissant pour que toutes ces horreurs soient véritablement finies…

Que de femmes !

Aujourd’hui, tous ces visages défilent dans ma mémoire. Mon cœur vibre de tant de rencontres.

Je me sens tellement portée, tellement inspirée.

A chacune d’elles, à chacune d’entre vous,

Je voudrais vous redire mon plus grand MERCI !