La Non-violence est un terme qui peut sembler parfois banal.

Pourtant, son opposé est tout le contraire. Ce qui donne toute la force de son importance à la Non-Violence.

Je suis partie depuis plus d’un mois et demi. Et déjà, j’ai pu rencontrer des jardiniers de la paix variés et multiples, qui œuvrent, depuis des années, à construire la paix, l’enraciner, créer et inventer le Vivre-Ensemble, dans la Non-Violence.

Tous ceux que j’ai rencontrés ont connu le drame et l’horreur de la guerre, du conflit, du déchirement d’une nation. Cela les a marqués, éprouvés, et ils ont construit leurs idées, leurs convictions, leurs mouvements à partir de ces expériences dramatiques.

Ils ont vu que la peur, la haine et la violence produisaient deuils, pertes, mémoires blessées, appréhensions, angoisses, replis sur soi,…

" Nous ne pouvons pas rester sur des cadavres ",

me disait Maroun Attalah, qui a fondé « Reconstruire Ensemble », "sinon on est voué à la mort."

Tous ont donc fait le choix, à un moment donné, de ne pas se laisser guider et détruire par l’escalade de la violence. Tous ont fait le choix que la violence ne guiderait pas leurs vies. Mais au contraire, qu’ils allaient s’ancrer comme témoins d’un autre chemin possible.

 

« Après avoir connu la guerre pendant plus de 10 ans, nous étions las et fatigués.

J’avais 21 ans.

A 21 ans, on a le droit de réaliser tous ses rêves.

Notre rêve c’était qu’on ne voulait plus de la guerre.

On a donc décidé de faire la guerre à la guerre.

Et la solution pour le faire, c’était de rassembler les gens qui étaient divisés. 

C’est comme ça qu’on a créé « Offre Joie »

me raconte Mehlam Khalaf, qui réalise avec bénévoles et personnes des quartiers, un travail incroyable.

 

Au-delà de la peur, ils ont choisi de mettre l’ouverture, la confiance, la reconnaissance de l’autre comme étant semblable à soi, au cœur de leurs vies. Ils ont donc fait ce chemin de déconstruire les peurs et les préjugés, parfois implantés depuis leur plus tendre enfance, par les groupes politiques ou religieux, pour créer eux-mêmes la relation qu’ils souhaitaient avec l’autre, différent.

J’ai été très marquée par ce travail pétri à la fois de réflexions, de questionnements, d’essais, d’actions, d’affirmation, le tout avec humilité, espérance et audace…

 

Leur lutte est donc un choix, un engagement posé, conscient et clair.

« Au milieu de la guerre, j’ai décidé de ne pas laisser la violence guider mes choix.

J’ai donc choisi de cofonder un mouvement de Non-Violence. J’ai pensé : Le changement, c’est ici et maintenant »

explique Ogarith Younan, co-fondatrice du mouvement Aunohr (Pour les Droits de l’Homme et la Non-Violence) »

 

Aujourd’hui, pour la journée internationale de la Non-Violence, une cérémonie officielle a lieu à Beyrouth,  

  • D’une part pour célébrer l’instauration d’un programme de Non-Violence dans les établissements scolaires, au Liban qui institutionnalise donc officiellement la Non-Violence,

 

  • Et d’autre part pour inaugurer une copie de la statue faite par Carl Fredrik Reuterswärd en 1980 après avoir appris l’assassinat de son ami John Lennon. Elle représente un revolver noué. Cette copie s’implante donc pour la première fois dans un pays arabe. Arun Gandhi, le petit-fils de Mohandas Gandhi est présent pour l’occasion.
  • Jusqu’au 7 octobre, il y aura ensuite un séminaire organisé notamment par AUNOHR et l’UNESCO, rassemblant des personnes de 10 pays arabes avec des séminaires, des tables rondes, des formations autour de le Non-Violence. Chacun fera ensuite à son retour une étude approfondie sur ce thème dans son pays. Ceci est une première ici.

Un modèle de la Non-Violence marqué par l'expérience, la volonté de changement,

la force de conviction et la mise en action.

le revolver noué